Bienvenue à Dourbies, l'un des villages du Gard labellisés « Villages de Caractère ».


Initiative du Conseil départemental du Gard soutenue par la Région Occitanie, ce label a pour objet de valoriser des villages typiques de notre département.

Il témoigne des efforts entrepris par la municipalité en faveur du patrimoine et de l'accueil touristique.


L'ensemble des villages bénéficiaires de cette distinction touristique et culturelle permet de parcourir le département du Gard, tout en profitant de la beauté et de la richesse de ses paysages : Barjac, Lussan, Vézénobres (label 2012), puis Aumessas, Dourbies et Sauve (label 2018) et Les Plantiers (label 2019).


Bonnes promenades !       

Circuit de découverte du village de caractère


Départ : parking de l'église


Situation géographique / présentation


Village de montagne cévenol du massif de l'Aigoual, Dourbies tient son nom de la rivière qui coule à ses pieds (dubro en langue gauloise : « l'eau qui court ») : il est le chef-lieu d'une commune d'une surface d'un peu plus de 6.000 hectares, qui s'étage entre 600 m et 1430 m d'altitude.


De l'Espérou à Cassanas et du Montet à Comeiras, ce sont un peu moins de 200 habitants qui se répartissent dans la vingtaine de hameaux qui la composent. Ceux-ci forment trois groupes : « le Travers » composé du centre-village et des hameaux les plus proches, « la Montagne » en amont et « l'Aval », au-delà du pont qui enjambe la Dourbie.
Sous l'Ancien régime, chacun de ces secteurs était représenté par ses propres consuls.




Histoire / blason


Au Moyen-Âge, Dourbies faisait partie du fief de la famille des seigneurs de Roquefeuil, dont la renommée, qui s'étendait bien au-delà du territoire communal, ne s'est pas éteinte.
Leur patronyme aurait pour origine le pic de Saint-Guiral où ils édifièrent leur première forteresse : roc majestueux qui s'élève sur la montagne du Lingas, et domine le feuillage.
Leur blason « de gueules à une cordelière d'or nouée en sautoir » vous guidera à la découverte du village. Bonne visite !



Paysages


Le village a toujours eu une vocation pastorale, agricole et forestière. De ces durs labeurs résultent de remarquables paysages, façonnés par les hommes à travers les siècles : cultures en terrasses, châtaigneraies, pâturages et forêt domaniale apportent à l'ensemble un charme sans cesse renouvelé, au gré des saisons.


La présence de l'eau et de la végétation, l'immersion dans la nature, procurent une douceur de vivre et de nombreuses opportunités d'activités (randonnées, pêche, cueillette de champignons…).



 

ETAPES DU CIRCUIT


L'église


En mai 1881, l'évêque de Nîmes en visite à Dourbies, trouve l'église dans un tel état de délabrement qu'il demande à la paroisse d'envisager sa reconstruction. Après approbation par le maire Alban Laurent et ses conseillers, ce chantier colossal peut être envisagé. L'abbé Jeanjean sollicite alors les fidèles jusque dans les fermes les plus reculées : les dons affluent, complétés par les aides diverses obtenues par la municipalité.
La construction de la nouvelle église est lancée le 8 juin 1885. Consacrée le 2 octobre 1887 par les évêques de Nîmes et de Rodez accompagnés de 24 prêtres, elle est baptisée « Notre-Dame de l'Assomption ».
Les murs sont en grès (taillé en blocs réguliers) et en granite local (pierres de formes irrégulières). Le pavage du parvis est également en granite, issu quant à lui de carrières portugaises.


Saurez-vous, en le comparant au granite local, reconnaître la particularité de ce dernier ?


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La Place des Trois Ermites


Cette appellation récente de la place est due aux sculptures ornant sa fontaine, mais la légende des trois ermites est bien plus ancienne.
Si elle varie d'un village à l'autre, la trame de fond reste toujours la même : « Trois frères, jeunes chevaliers, sont amoureux d'une même princesse, elle-même animée d'une même tendresse pour chacun d'eux. Ne pouvant trouver d'issue acceptable à ce dilemme, ils font don de toutes leurs richesses et partent s'exiler sur trois sommets environnants, pour y mener une vie d'ermite. Chaque année, la nuit anniversaire de ce choix, chacun allume un feu, prouvant à ses frères qu'il est resté fidèle à sa promesse. C'est en souvenir de ces saints hommes que les lieux de leurs retraites portent leurs noms ».


Saint-Guiral, rocher qui culmine à 1366m d'altitude sur la montagne du Lingas, autrefois nommé le Pic de Roquefeuil, est le point central de toutes les versions de cette légende. A la Pentecôte, un « pèlerinage » y rassemble encore chaque année de nombreux fidèles.





 


L'Adret du Suquet


De ce pont qui enjambe le petit ruisseau de la Canelle, on distingue au loin le chaînon du Suquet (1340 m d'alt.), limite naturelle entre les communes de Dourbies et de Camprieu. A sa cime, on devine la forêt de hêtres qui recouvre son versant nord (l'ubac) moins abrupt, plus fertile et plus verdoyant que celui exposé au sud (l'adret) qui s'étale devant vous, complètement dénudé et peu à peu colonisé par les fougères et les genêts.


Des écobuages sont pratiqués chaque année sur ce versant, afin de favoriser la pousse d'herbe destinée aux troupeaux en estive : bovins sur la partie visible et ovins en amont. Cette pratique succède aux essartages d'autrefois, qui consistaient à laisser pousser les genêts, puis à les arracher afin de les brûler. Leurs cendres fertilisaient les maigres terres aménagées en traversiers, qui étaient labourées pour y cultiver un peu de seigle.




La « Villa Charles »


Les éléments architecturaux qui composent cette maison attirent le regard par leur singularité : terrasses à balustres torsadés, encadrements des ouvertures, motifs du crépi imitant des pierres d'angle, forme du toit, …
Tout est fait pour qu'elle se distingue des autres bâtisses du village. Demeure du maçon qui l'avait construite dans les années 30, Charles Bertrand, elle est également la vitrine de son savoir-faire. A cette époque (1936), 515 personnes vivaient dans la commune et les activités et commerces foisonnaient : outre le receveur des postes et le facteur, les enseignants, les gardes champêtres ou forestiers, le cantonnier et le curé, il y avait trois épiceries, deux boucheries, deux hôtels, une boulangerie, trois menuisiers, une mercière, deux couturières, deux forgerons ou maréchaux-ferrants, un meunier et de nombreux agriculteurs.


La « Villa Charles » acquise par la municipalité a servi tour à tour de presbytère, de boulangerie, d'épicerie, de bar et enfin de logement communal.


Le Lavoir


Si dès le début des années 30, quelques ampoules électriques ont remplacé les bougies, calèus et autres lampes à pétrole dans les maisons de Dourbies, il a fallu attendre les années 50 pour disposer de l'eau courante. Auparavant, il fallait aller la puiser dans les fontaines du village.


Pour faire la lessive, les lavandières se rendaient au lavoir. Chacune y avait sa place et ses horaires, réservés par la coutume ou sa notoriété. Les nouvelles venues n'avaient bien souvent d'autre choix que de faire leur lessive aux heures des repas, ou de descendre jusqu'à la rivière pour effectuer leur corvée.


C'est au lavoir, lieu de rencontre privilégié, que naissaient les rumeurs, que se faisaient et défaisaient les réputations, que circulaient les secrets que ces « bavardes » ne pouvaient s'empêcher de partager.



La Place Basse


Avant la construction du pont, la place Basse était le centre animé de Dourbies.


On y trouvait « la Ruche », une épicerie dont ceux qui l'ont connue dans leur enfance conservent le souvenir gourmand des bonbons qu'ils y achetaient.
On se pressait dans l'échoppe du cordonnier, laissant passer le berger conduisant son troupeau ou le bouvier menant ses bœufs à l'abreuvoir, sous le regard amusé du notaire, qui du haut de son balcon, contemplait la scène. Au petit matin, on pouvait entendre s'entrechoquer les bidons de fer blanc sur la charrette du laitier, résonner les marteaux sur l'enclume du forgeron et sentir l'odeur âcre de feu et de corne brûlée des sabots des chevaux qu'il ferrait.


Quelques terrasses aux rambardes ouvragées, encadrements fantaisistes habilement taillés, boiseries colorées et jardinets d'agrément témoignent du luxe de cette époque.




Les Laiteries


Depuis toujours, l'agriculture et l'élevage étaient les seules ressources des habitants de Dourbies. Chaque famille disposait de quelques terres et possédait des animaux, dont le lait et la viande garantissaient un peu de revenus.


Dans chaque ferme, on confectionnait les fromages pour la consommation familiale et, parfois, pour les vendre ou faire du troc avec les marchands ambulants. Chacun savait comment laisser moisir le pain de seigle pour obtenir les ferments qui donnaient aux fromages leur goût si particulier.
Au début du XXe siècle, il y avait cinq laiteries dans la commune - dont deux dans cette rue - qui collectaient le lait de vache et de brebis. Mélangés, ils servaient à la fabrication du « Petit Bleu ». Plus tard, les deux laits furent traités séparément : le lait de vache fut destiné au « Bleu des Causses », tandis que le fromage de brebis partait à l'affinage dans les caves de Roquefort.


La dernière laiterie, tenue par Marie Balsan, a fermé ses portes à la fin des années 50.




La Clède


L'altitude, les longs hivers et l'acidité du sol du territoire de Dourbies n'ont jamais été favorables à la culture du blé. On se contentait de seigle qui donnait un pain de moindre qualité. Les châtaignes compensaient un peu ce manque et ont bien souvent évité la famine à la population.


Pour les conserver, ces fruits de « l'Arbre à pain » étaient séchés dans les clèdes, petites bâtisses construites sur deux niveaux, auxquels on accédait par l'extérieur, grâce à la pente du terrain.


Les châtaignes y étaient entassées dans la partie haute en une couche qui pouvait atteindre une quarantaine de centimètres. Dans la partie basse, un feu de bois étouffé par les écorces de la récolte précédente était entretenu nuit et jour pendant plus d'un mois, dégageant une épaisse fumée. Les éléments du plancher intermédiaire étaient taillés en oblique, de manière à laisser un vide qui permettait le passage de la fumée qui desséchait progressivement les fruits, avec lesquels on préparait le « badjanat » (soupe de châtaignes).





Halte paysagère : « Le village et l'eau »


Nous apercevons une partie du vieux village, accroché sur les pentes les plus raides et les plus rocheuses du versant le plus ensoleillé. Il surplombe la combe au fond de laquelle coule la Dourbie.


S'intégrant parfaitement dans le paysage, les maisons étaient traditionnellement construites avec le granite local et recouvertes de chaume (paille de seigle) ou de lauzes de schiste.
Les matériaux ont évolué pour les constructions plus récentes, bâties sur les terres plus riches et moins pentues, qui étaient autrefois réservées à des jardins potagers ou à la culture du seigle, des lentilles et haricots ou du chanvre…


Derrière les frênes et les aulnes qui longent la rivière, se cache l'ancien moulin de Dourbies (toujours en état de fonctionner).
Il était alimenté par un béal conduisant l'eau de la rivière déviée par un petit barrage (une pansière) construit en amont, qui actionnait les rouages entraînant ses meules. Outre la farine de seigle, il produisait de l'huile de noix et on pouvait y burler (décortiquer) les châtaignes préalablement desséchées dans les clèdes.


En face, dans le vallon verdoyant où se blottit le hameau de Duzas, coule le ruisseau dans lequel est captée une partie de l'eau potable qui alimente le village.
Malgré les nombreuses sources et torrents présents sur le territoire communal, l'alimentation en eau consommable n'est pas facile ; la population est dispersée dans une vingtaine de hameaux et le réseau comporte 17 points de captage et 13 réservoirs.


L'eau de surface qui est captée est sensible aux moindres perturbations de son milieu naturel. Elle est d'autant plus précieuse que c'est au moment où elle est la plus rare que les résidents sont les plus nombreux.
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Un peu de géologie


Le sol de la commune est constitué essentiellement de granite, une roche qui s'est formée par le refroidissement lent du magma remontant des profondeurs de la Terre, il y a environ 300 millions d'années.
Contrairement à d'autres granites (notamment celui utilisé récemment pour le pavage des rues), il a la particularité de contenir, parmi les grains qui le composent, de grands cristaux blancs de feldspath appelés « dents de cheval ». Connu des géologues sous le nom de « granite du Saint-Guiral », il se présente sous différentes formes, du « granite bleu », très dur, qui résiste aux outils les mieux affûtés, à « l'arène granitique » qui constitue une sorte de sable grossier (le schistras ou tanas).


Parmi les autres roches présentes sur la commune, on trouve quelques affleurements de grès et de poudingue sur le chaînon du Suquet, du schiste à l'Espérou, et du calcaire qui constitue le socle du petit Causse de Comeiras.




Mairie / Ecole


Ce bâtiment où se trouvent aujourd'hui les locaux de la mairie, le bureau de poste, la bibliothèque et des logements municipaux, a été construit dans les années 1880 pour être « la maison d'école ». Les deux ailes accueillaient séparément la classe des filles et celle des garçons. Avant les années 50, ces classes étaient devenues mixtes, organisées alors par niveaux d'étude : celle des « petits » de la maternelle au CE2, et celle des « grands », jusqu'au certificat d'études. Les enseignants logeaient dans les appartements situés dans la partie centrale ; ils bénéficiaient en outre d'un jardin potager chacun, et - grand luxe au début du XXe siècle - des latrines de l'école et d'un puits.


Trois autres écoles à classe unique se trouvaient dans les hameaux de Lagrinier, les Laupiettes et Comeiras. De ces cinq classes, il n'en restait qu'une à la rentrée 1967 ; elle a fermé ses portes en septembre 2009.
Seul le campanile avec sa vieille cloche aujourd'hui muette témoigne encore de cette époque.





 


 
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