Dourbies

Dourbies tient son nom de la rivière qui coule à ses pieds (« dubro » en langue gauloise signifiait « l'eau qui court »). Il est le chef-lieu d'une commune s'étageant entre 600 et 1430 mètres d'altitude qui s'étend sur un peu plus de 6000 ha pour un peu moins de 200 habitants permanents. Ce territoire, offre une variété de paysages où, même si l'impact des activités humaines est omniprésent, la nature garde encore ses droits.

Pont dans les gorges de la Dourbie

Pont dans les gorges de la Dourbie

Patrimoine

Des landes de genêts qui couvrent d'or le printemps des coteaux aux pâturages où résonnent les sonnailles des troupeaux en estive, des sous-bois ombragés qui fleurent bon le cèpe et la girolle aux sauvages torrents où se cachent, farouches, les truites fario, chaque lieu a son charme sans cesse renouvelé.

Dourbies patrimoine historique

Dourbies patrimoine historique

Le vieux village groupe ses maisons de granite au pied de son église et, de l’Espérou à Cassanas, du Montet à Comeyras, une vingtaine de hameaux vivent encore, la moitié d’entre eux, même au cœur de l’hiver. (En comptant aussi les fermes isolées il y avait, sur la commune, 40 lieux habités à la fin du XIXe siècle). Ils constituent trois groupes : ceux de « la Montagne » en amont du bourg ; ceux de « l’Aval » situés au-delà du pont qui enjambe la Dourbie ; les autres, parmi lesquels on compte le village, constituent « le Travers ». Sous l’Ancien régime chaque secteur était représenté par ses propres consuls.

Au Moyen-Âge, Dourbies faisait partie du fief des Roquefeuil, puissants seigneurs dont la renommée ne s’est pas éteinte et qui ont régné sur la paroisse jusqu’à la veille de la Révolution de 1789. Leur patronyme aurait pour origine (mais ce n’est pas attesté) le lieu où ils édifièrent leur première forteresse : le pic de Saint-Guiral, roc majestueux qui s’élève, sur la montagne du Lingas, à la limite du territoire communal, au-dessus des feuillages des forêts qui l’entourent.

Ce château existait déjà en l’an 949 (il est cité dans le testament de St Fulcrand, évêque de Lodève). Ses principales défenses, probablement constituées essentiellement de palissades de bois ont complètement disparu mais des alignements de gros blocs de granite qui en protégeaient la base sont encore visibles dans les sous-bois proches du rocher.
Dès le début du XIIème siècle, les Roquefeuil avaient édifié une autre forteresse plus proche de Dourbies, à Valgarnide : quelques pans de murs attestent encore de son existence. Le village s’appelait alors Combarnols et ne comportait que quelques maisons proches du moulin banal des Roquefeuil sous l’église « Notre dame de la Dourbie » de laquelle il tirera son nom.

Moulins

Outre ce moulin bladier (à céréales), les seigneurs de Roquefeuil possédaient, à la même époque, un moulin à battre le fer proche du hameau des Laupies.
Le minerai extrait des roches d'alentour y était transformé en lingots avec lesquels les forgerons façonnaient armes et outils nécessaires à la vie d'alors. Transformé plus tard en moulin bladier, sa meule est encore visible. Quant à celui de Dourbies, il fonctionnait encore au milieu du siècle dernier et il est encore en très bon état.

Meule d'un ancien moulin à battre le fer

Meule d'un ancien moulin à battre le fer

De son passé agricole, la commune de Dourbies a conservé aussi d’innombrables traversiers aujourd’hui envahis par les broussailles et de très nombreuses « clèdes » situées dans ses hameaux ou dispersées dans sa châtaigneraie. En y entretenant un feu étouffé pour produire de la fumée, on y faisait sécher les châtaignes afin de les conserver. Les « badjanes » (châtaignons) s’ajoutant aux maigres récoltes de seigle ont préservé de la famine bien des générations. Cette pratique a perduré jusqu’aux années 1970.

Notre Dame de l'Assomption

L'église fut plusieurs fois endommagée au cours des guerres de religion et réparée avec le peu de moyen dont la paroisse disposait. Le 20 mai 1881, Monseigneur Besson, évêque de Nîmes en visite à Dourbies, la trouve dans un tel état de délabrement qu'il demande au curé de l'époque, l'abbé Pierre Augussol, d'envisager sa reconstruction : elle est sale, trop petite, froide, humide, ses murs se lézardent, sa toiture laisse passer les eaux de pluie, sa cloche fêlée n'est plus dans son clocher trop fragile, elle est suspendue à côté, à une poutre posée entre deux vieux noyers...

Après quelques hésitations devant l'énormité de la dépense communale que suppose un tel chantier, le conseil municipal dirigé par Alban Laurent en approuve la nécessité : les travaux commencent en 1885 et, après que des bénévoles de la paroisse aient aplani le terrain, creusé et coulé les fondations, la première pierre est posée le 8 juin lors d'une cérémonie conduite par l'évêque du diocèse.
Même le froid et la neige n'arrêteront plus la construction : dans un hangar aménagé près du cimetière, on taille en hiver les pierres qui sont posées aux beaux jours. L'église est consacrée le 2 octobre 1887 et baptisée « Notre Dame de l'Assomption ». Deux évêques (celui de Nîmes et celui de Rodez) assistés de 24 prêtres y célèbrent une cérémonie grandiose à laquelle assistent près de 6 000 fidèles.
Comme c'est le cas pour beaucoup d'autres communes rurales, le XXème siècle a vu Dourbies se dépeupler et ses activités agricoles se limiter peu à peu au pastoralisme d'estive. Toutefois, le reboisement de l'Aigoual, sous la houlette de Georges Fabre et de Charles Flahaut, en créant de nouvelles activités économiques, a aidé au maintien d'un minimum de population.

Dourbies Notre Dame de l'Assomption

La première guerre

Les habitants de Dourbies ont payé un lourd tribut à la nation lors de la première guerre mondiale : 44 de leurs noms sont gravés sur le monument aux morts.
Des cinq classes qui accueillaient les écoliers dans le bourg ou dans les hameaux avant ce conflit il n'en restait qu'une à la rentrée scolaire de 1967 ; elle a fermé ses portes en 2009.
Dourbies n'en reste pas moins accueillant et résolument tourné vers l'avenir : la municipalité actuelle œuvre assidument pour y développer des activités liées à un tourisme de qualité, et favoriserl'implantation d'artisans et d'agriculteurs sédentaires qui sauront tirer parti des ressources locales par une gestion respectueuse de cet environnement exceptionnel.

Dourbies Le monument aux morts

Le monument aux morts

Blason

Le blason originel des seigneurs de Roquefeuil était « de gueules à une cordelière d'or nouée en sautoir ». Il a évolué au cours de siècles mais a toujours conservé sa cordelière.

Le blason originel des seigneurs de Roquefeuil

En 1696, Louis XIV ordonne que les armoiries de toutes « les maisons et familles du royaume, celles des provinces, villes seigneuries, évêchés, abbayes … » soient contrôlées et enregistrées dans l’armorial général. Cette mission est confiée à Charles d’Hozier et son but officiel est de remédier aux nombreux abus commis contre le droit héraldique. En réalité, c’est une façon détournée d’imposer au peuple de France une nouvelle taxe qui rapportera plusieurs millions de £ivres au royaume et la communauté de Dourbies n’y a pas échappé : elle est dotée d’un blason « d’azur à une croix d’or cantonnée de quatre dauphins du même ». Est-ce un érudit local qui l’a dessiné ? Est-ce un commis de Charles d’Hozier ou ce dernier lui-même ? L’histoire ne semble pas avoir retenu ce détail et l’interprétation de ces armes est controversée.